Ce « Canto d’encada » (chant d’entrée) est une longue louange aux maîtres de la capoeira et à l’histoire, un cantique, joué et chanté par un soliste, en général le plus considéré ou le plus vieux et qui présente le début de la roda. Toutes les ladainhas sont basées sur le même schéma mélodique. C’est une prière lente, souffrante, douloureuse, progressive, accentuée par les legatos, les glissandos, les oscillations, le style parlando-rubato, les très petits intervalles mélodiques, et les longues accentuations, un jeu musical de virtuose developpé à partir d’une mélodie très restreinte, mais où il n’y a aucun jeu physique dessus car on demande la plus grande concentration. Ce sont des vers entremêlés par de courts refrains répétés par le choeur. Le ladainha est issu du répertoire liturgique catholique (des chants grégoriens) au niveau modal (on utilise les 1er et 2ème degrés), de la poésie populaire dans les variations improvisées, et africaine dans ses évocations orales. Il y a donc une symbolique, étroite mais puissante.
C’est un chant populaire de salutation, qui suit le ladainha, de contenu improvisé, et qui donne le départ du jeu (chant d’ouverture). C’est une forme de louange responsoriale. Ce cantos est plus mystique, plus rituel, car on provoque l’action tout en ressentant l’imploration aux divinitées. Il énonce les fondamentais (aspects moraux et spirituels). Ce chant est fondé sur les gammes pentatoniques et tétratonales. Il commence souvent par les fameuses paroles codifiées « Iê, viva meu deus » ou « Iê viva meu mestre » (ce qui ramène au candomblé). Le choeur reprend chacune des paroles du soliste en terminant par « camara »* (ce terme est l’expression de la solidarité, de l’état d’égalité de chaque participant devant la roda).
Les quadras ressemblent beaucoup au corridos : ce sont de courtes strophes de 4 vers simples (très faciles à retenir), et dont une phrase est reprise aussi par le choeur, mais ici le rythme ne s’accélère pas. Les textes sont moqueurs, ou avertissent, mais peuvent aussi relater de légendes, de la vie de personnages importants, de scènes de vie patriarcale du Brésil, et autres motifs variés. Chaque refrain se termine par un appel au coeur (soit par « camara », soit par « camaradinha » (petit camarade) soit par « arundé », ou encore par » Iêê ».)
C’est le chant le plus courant, de forme responsoriale entonné tout de suite après la chula. Il y a beaucoup de métaphores, c’est une provocation au régime des maîtres des champs. Un soliste chante plusieurs vers, puis le choeur reprend une courte phrase du refrain (forme cyclique alternée), ainsi de suite, en s’accélérant de plus en plus, ce qui donne une impression d’énergie grandissante. C’est une forme très entraînante et rappelle les chants au travail (les esclaves s’encouragent mutuellement), qui donne de l’importance au choeur, à l’ensemble. Les rythmes principaux sont Sao Bento Grande, Cavalaria, Amazonas, Sao Bento Pequeno : ce ne sont que des rythmes rapides, ou qui commencent lentement puis qui s’accélèrent.